JEAN-PIERRE BOYER (1776-1850)

Mulâtre libre né d’un colon provençal et d’une femme noire originaire de Guinée, Boyer accueillit avec reconnaissance le décret de la suppression de l’esclavage dans les colonies françaises de. Il seconda d’abord les commissaires de la République Sonthonax et Polverel qui avaient aboli unilatéralement l’esclavage à Saint-Domingue et entendaient restaurer l’autorité de la métropole dans la colonie en combattant avec eux contre les colons alliés aux Anglais.

Puis, il s’éleva contre l’autorité grandissante de Toussaint Louverture qui s’était progressivement émancipé des représentants de la métropole et se méfiait des mulâtres. Il participa à la guerre civile de 1799-1800 au côté du général mulâtre André Rigaud contre les noirs de Toussaint Louverture. Après la victoire de ce dernier, il se réfugia en métropole avant de faire partie de l’expédition navale française du Général  Leclerc en 1802 aux côtés de Pétion.

Après la proclamation de l’indépendance d’Haïti, le 1er janvier 1804, il soutint Alexandre Pétion qui le prit d’abord pour secrétaire, et l’éleva rapidement aux grades de colonel, puis de général. En 1806, il aida Pétion à renverser Jean-Jacques Dessalines, puis à résister à Henri Christophe.

À la mort de Pétion en 1818, il fut reconnu Président par acclamation. Dès la mort du roi Henri Christophe en 1820, il rattacha le nord du territoire. En 1822, il envahit la partie espagnole de l’île et réunit sous sa domination l’île entière. En 1825, le roi de France Charles X accepta de reconnaître l’indépendance de la République d’Haïti moyennant une indemnité de 150 millions de francs-or. Pour honorer cette dette, il dut instaurer de lourds impôts restaura la corvée.

Il gouverna pendant 25 ans et porta la République à un degré respectable de prospérité, mais ses mesures suscitèrent une hostilité populaire. Voyant l’insurrection près de triompher, il se démit de la présidence en 1843 et se retira à la Jamaïque, puis en France où il termina ses jours. Dans sa lettre de démission, il écrivit : « En me soumettant à un exil volontaire, j’espère détruire tout prétexte d’une guerre civile causée par mon moyen ».

Élu président de la République le jour suivant la mort de Pétion, il gouverna l’île d’Haïti pendant 25 ans, ce qui constitue jusqu’à ce jour le record de longévité de ce pays.